MA TENTATIVE DE SUICIDE ET POURQUOI JE SUIS CONTENT D’AVOIR ÉCHOUÉ

Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet mais ce que je veux vous partager aujourd’hui, ce n’est pas de grandes études psychologiques ou sociales, mais comment je l’ai personnellement vécu.

Je ne vous donnerai donc que 2 chiffres :

    1. Aujourd’hui le suicide cause 3 fois plus de morts que les accidents de la route.
    2. On estime un mort par suicide toutes les 40 secondes dans le monde.

Lorsque j’ai ouvert les yeux, attachée à mon lit d’hôpital, je n’entendais que le bruit incessant des machines qui me maintenaient en vie. Après un mois de coma, je ressentais, malgré la morphine, des douleurs atroces dans tout mon corps et je ne pouvais même pas les exprimer. Une souffrance que je n’aurais même pas souhaité à mon pire ennemi.
Je réalisais doucement ce qui s’était passé en voyant les médecins urgentistes défiler dans ma chambre et m’annoncer que j’étais une miraculée.

Certains auraient dit que ce n’était pas mon heure, d’autres m’auraient fait croire que j’étais trop jeune pour mourir… Mais pour moi, tout cela ne voulait rien dire puisqu’en réalité, comme me l’avait expliqué ma mère depuis mon enfance : je n’aurais même pas dû naître ! J’étais issue d’une erreur médicale.

Le rejet, la haine, la drogue, la rue et ses vices ont guidé mon quotidien depuis l’âge de 16 ans, l’âge auquel je me suis retrouvée dehors. Je me croyais forte, jusqu’au jour où j’ai fait la plus grosse erreur de ma vie, celle d’avoir goûté à ce que je vendais aussi, à savoir l’héroïne. Cela m’a conduite au fond du gouffre…

Je me voyais alors, joint après joint, shoot après shoot, perdre le contrôle de ma vie.

Désespérée de constater que malgré mes nombreux efforts, des traitements et des cures à répétitions, je n’arrivais pas à décrocher. Je plongeais à chaque fois. Un soir, le désespoir a fini par m’envahir. Je ne voyais pas de solution à ma situation et je pensais naïvement que la mort serait la fin de tous mes problèmes. De toute façon, à quoi bon vivre ? Je savais qu’on finirait par retrouver mon corps dans une cage d’escalier, morte d’une overdose. Et pourquoi faire espérer un avenir à mon copain ? Il serait mieux sans moi… J’avais 19 ans mais pour moi, ma vie était finie.

Je m’étais souvent dit : « Vu le milieu que je fréquente et la vie que je mène, si j’arrive à 25 ans, ce sera bien. »

Et voilà, ne connaissant pas Dieu à cette époque, j’ai cru ce mensonge diabolique et je suis passée à l’acte.

Cette nuit-là, j’ai voulu mourir d’une overdose, je me suis également injectée de l’eau de Javel mais sans succès. En désespoir de cause, j’ai fini par me mettre deux coups de couteaux dans le cœur.

C’est bien évidemment un miracle que je sois toujours en vie, puisqu’on ne me donnait qu’1% de chance de survivre à l’opération à cœur ouvert pendant laquelle 11 litres de sang m’ont été transfusés. L’hémorragie était tellement importante ! Sans parler de mon 4 de tension et de mon pouls imprenable. De plus, les médecins ont dit que même si je sortais du coma, mon encéphalogramme plat indiquait que mon cerveau était mort, et donc que je ne serais qu’un légume. En fait, dans mes délires comateux, les douleurs au cerveau que j’avais m’ont fait croire qu’on m’avait tiré une balle dans la tête, suite à un deal qui avait mal tourné. Je me pensais donc victime d’une agression, tout le temps où j’étais entre la vie et la mort, du coup je me suis battue pour survivre. C’est sans doute ce qu’on appelle l’instinct de survie.

J’ai assumé les conséquences de mes actes et après quelques mois d’hospitalisation et de rééducation, même si je m’en suis bien sortie, je me suis retrouvée à nouveau devant mes choix de vie. J’étais toujours une droguée dans ma tête et je ne savais rien faire d’autre de ma vie. Cela faisait déjà longtemps que j’avais quitté les bancs de l’école pour les bancs de la rue. Je devais admettre que ma vie n’était qu’échec sur échec et que même ma mort, je l’avais ratée.

Dieu merci, une cousine chrétienne qui était venue prier pour moi lorsque j’étais dans le coma, m’a dit à mon réveil : « Toi, vraiment, Jésus t’aime, c’est Lui qui t’a gardée, il a des projets pour ta vie ! ».

Des mois plus tard, bien que je ne croyais pas en Dieu, j’ai fini par parler sincèrement à ce Jésus, qui soi-disant pouvait changer ma vie.

J’ai fini par lui dire : « Tu vois, moi la drogue c’est toute ma vie. Je ne peux rester une journée sans prendre quelque chose et je ne conçois même pas ma vie sans ça ! ». Mais là, j’ai passé le meilleur deal de toute ma vie. Je lui ai dit : « Si tu me délivres de ça, là je croirai en toi et je te suivrai ». J’ai à peine fini ma phrase que j’ai ressenti sa présence qui m’a envahie de la tête au pied. C’était tellement fort, j’avais une telle intensité de joie en moi, que j’ai compris à ce moment-là que j’avais été délivrée de toutes mes dépendances. J’ai jeté tout ce qui me restait dans ma chambre et le lendemain, en allumant par habitude ma cigarette, j’avais l’impression de fumer de l’air. Jésus m’avait délivrée.

Cette rencontre a totalement changé ma vie et aujourd’hui, je suis heureuse de vivre. Je sais à présent que je ne serai plus jamais seule. J’ai trouvé le pardon de ma vie passée et surtout l’amour de Dieu. Toute la haine que j’avais dans le cœur est partie lorsqu’à mon tour, j’ai pardonné aux autres, à commencer par mes parents. Toutes ces blessures du passé ont été cicatrisées avec l’aide de Dieu et j’ai aussi pardonné à tous ceux qui m’avaient fait du mal. Je peux dire que j’ai pris un nouveau départ. Je ne suis plus du tout la même personne. En tous cas maintenant, je sais d’où je viens et je sais où j’irai lorsque mon heure sera venue.

Tout ça pour te dire que même s’il y a des difficultés, le suicide n’est jamais la solution. Mais Jésus oui !

 

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